Visuel la nuit

LA NUIT JUSTE AVANT LES FORETS /

_CLASSIQUE DU XXe_DU MERCREDI 22 AU VENDREDI 24 JUIN_20H

de Bernard-Marie Koltès

Mise en lecture LOUISE VIGNAUD

Mise en voix MICKAËL PINELLI

Mise en musique STEFAN CHAMOLT

 

C’est une lecture de La nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès, à deux personnes : un acteur et un musicien.

C’est l’histoire d’un homme simple, qui ressent la violence de la société au plus profond de sa chair. Un homme simple et seul, car la société crée des solitudes désespérées. Mais ce soir précisément, le soir de la goutte d’eau qui fait déborder le vase, le soir du trop, à un coin de rue il rencontre un autre, cet autre, cet « ange au milieu de ce bordel » à qui il va pouvoir dire ce qu’il ressent, en une seule et même phrase, un grand souffle. C’est l’histoire d’un sursaut, d’un cri contre le néant.

« J’ai couru, couru, couru, pour que cette fois, tourné le coin, je ne me trouve pas dans une rue vide de toi, pour que cette fois je ne retrouve pas seulement la pluie, la pluie, la pluie, pour que cette fois je te retrouve toi, de l’autre côté du coin, et que j’ose crier: camarade! »

L’homme qui prend la parole par ce texte souffre du monde qui l’entoure, de son hypocrisie, de sa méchanceté, de sa lâcheté, des rapports entre les hommes déformés par la violence et l’individualisme. Un monde où l’on doit se dissimuler, surtout ne rien dire, pour espérer y survivre. Jusqu’au moment où ce n’est plus possible, jusqu’au moment où la bombe explose et que le cri sort enfin. Un cri qui le réveille, et nous réveille en même temps.

Au plateau, deux hommes. Un acteur, en lecture, dans le simple désir de transmettre cette parole. Et un musicien qui l’accompagne dans ce voyage, comme un double, la corde sensible d’un homme pris dans le flux des mots et la difficulté de dire. Un duo électrique, électronique, mélancolique, mais surtout vivant et combatif. Pour que les murs tremblent et que les barrières.

La nuit juste avant les forêts est un hymne à la vie, et un hymne à l’autre, puisé dans la force des mots. Dire quand il n’est plus possible de se taire. Et c’est bien en cela qu’il a sa place sur un plateau de théâtre : cet homme au coin de la rue qu’il rencontre, cet ange, ne serait-il pas le public, qui est là pour écouter, et que sa parole saura inquiéter et questionner ?

MERCREDI 22, JEUDI 23,  VENDREDI 24 JUIN_20H

Tarifs : 8 € – 10 € + 2€ d’adhésion

Réservations : reservation@lelavoirpublic.com / 09.50.85.76.13.