Au dessus, à jamais

AU-DESSUS, A JAMAIS

THEATRE_MARDI 26, MERCREDI 27 ET JEUDI 28 JANVIER_20 H

AU DESSUS, A JAMAIS
d’après la nouvelle de David Foster Wallace

Avec Maxime Kernazet,

Mise en scène : Raphael Patout,
Costumes : Ségolène Petey

Durée 1h

Dur métier que celui de clown d’anniversaire !
Dans sa loge (un placard à balais !), l’un d’entre eux prend sa pause. Usé, fatigué de participer au divertissement d’enfants cruels, il rêvasse… Une image particulière le hante. Une image à la fois traumatique et ludique : celle d’un enfant qui a demandé d’aller à la piscine municipale le jour de son anniversaire. Il a 13 ans. Au début, il est dans le petit bassin. Celui réservé aux enfants. Mais à un moment, il décide de sauter du plus haut des plongeoirs. Seul face au monde, à ses parents, aux autres nageurs, au ciel marbré de nuages, aux cimes aigües de la montagne qui dessinent sur le ciel une ligne brisée, notre enfant de 13 ans avance…
Notre clown d’anniversaire raconte…
Il s’amuse et se moque. Avec affection ! Il se laisse parfois aller à des effractions lyriques et parfois il délire sans pudeur. Il est seul dans son placard à balai. Protégé de l’envahissement du monde.

MARDI 26, MERCREDI 27, JEUDI 28 JANVIER – 20H /// 8€ – 10€ + 2€ d’adhésion

Attention : les dates initiales ont été modifiées. Le spectacle ne joue pas le vendredi 29.


Coproduction: Festival de Caves, La Chambre Noire – Théâtre
avec le soutien de la Ville de Lyon

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DAVID FOSTER WALLACE : L’ANECDOTE TRAVAILLEE PAR LE SOUFFLE….

Dans l’écriture de David Foster Wallace, quelque chose agit qui séduit d’emblée. Elle est ludique et profonde… C’est une écriture qui déstabilise en continu. On ne sait jamais trop « sur quel pied danser » !

En le mettant en scène, je souhaite inviter le spectateur à cette danse particulière.

Chaque phrase est une énigme. Et comme toute énigme, elle permet d’accéder à des réalités cachées, à ce qui pourrait être la Vérité, mais elle est aussi ludique. Et peut-être même qu’elle n’est qu’un pur jeu anodin.

Partant de faits anecdotiques, Wallace décrit des situations reconnaissables par tous, mais dans un style, un rythme qui éventre le « cliché ».

Dans Au-Dessus, à jamais, c’est l’histoire d’un enfant de 13 ans qui le jour de son anniversaire, veut sauter du plus haut des plongeoirs de la piscine municipale. Tout ceci, est assez simple en fait ! Cependant, Wallace a un style fait d’artifices et de superficialité. A certain moment, il frise le cabotinage et ose les purs jeux langagiers. A d’autres, il ose les envolés lyriques. Il est parfois très concret jusqu’à l’obscénité, parfois abstrait jusqu’à traduire « des formes supérieures de la conscience » ! Par moment, on sent que des préoccupations psychologiques habitent l’écriture. Il y a de l’intime.

Par moment, ce sont plutôt des considérations d’ordre philosophique et politique qui l’anime. Par moment, tout ceci n’est que jeu pur. C’est un labyrinthe…. !

Un labyrinthe qui nous invite à une forme de perte. Vous savez, comme quand on joue à colin-maillard : Les yeux bandés, après avoir était tourné dans tous les sens par nos partenaires de jeu – ça tangue jusqu’à la lisière du vertige – on avance alors à tâtons, on écoute le moindre bruit, on tente de voir avec les mains, on cherche du bout-des-doigts des figures reconnaissables.

Je ne sais pas si je parviens à traduire ce qu’est cette écriture. C’est une expérience…. Quelque chose (nous) parle. Bien que personne ne puisse dire de quoi ça parle exactement, ça parle.

Wallace est éloquent ! A la manière des Baroques, il ne cherche pas à dire la Vérité, à nous l’expliquer ou à nous démontrer en quoi c’est la Vérité. Il transcrit plutôt le mouvement du vivant. Le vivant avec tout ce qu’il contient de sérieux et de dérisoire, de sublime et d’anecdotique, de superficialité et de profondeur.

A la manière des Baroques, son œuvre est faite d’oxymore, de forces antagonistes, de mouvements qui se contredisent mais qui cohabitent. Il donne à ses textes une vivacité, une vitalité, un souffle….

David Foster Wallace est un Néobaroque, un baroque du 21ème siècle.

Raphaël Patout, metteur en scène.

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